Archive pour la catégorie ‘Interviews’

Questions à Jérémy Dewinter, un artiste musical libre du Nord

Mercredi 20 mai 2009

Les majors seront toujours là, mais peut-être que leur stratégie sera différente. Je pense aussi que les labels indépendants devraient se multiplier, et pourquoi pas la création de labels régionaux plus importants.

Jérémy DewinterAprès Amanyth le mois dernier, c’est Jérémy Dewinter, un artiste libre nordiste et membre du site Dogmazic.net qui nous a accordé une interview.

  1. Pouvez-vous vous présenter, en quelques mots? :)

    Jérémy Dewinter: Je m’appelle Jérémy Dewinter, j’ai 35 ans, et écris et compose depuis à peu près 20 ans… Suite à la parution sur Jamendo et Dogmazic de quelques morceaux réalisés en solo, j’ai fait la rencontre de Guillaume Leterrier (du groupe Pied D’Nez), via les forums de ces sites. Nous avons enregistré ensemble 2 albums « Une Belle Vie » (2006) et « Certitudes » (2008). Parallèlement, j’intègre un groupe, Stan’za, avec lequel je monte sur scène. Le prochain projet est un album pour Stan’za, ainsi qu’une série de concerts…

  2. Quand et comment avez-vous connu Dogmazic.net?

    Jérémy Dewinter: J’ai découvert Dogmazic en 2006, après avoir eu connaissance de l’existence de la musique Libre et sa philosophie.

  3. Qu’est-ce qui vous a donné envie de publier des morceaux sous licences libres?

    Jérémy Dewinter: L’opportunité d’être diffusé sans passer par des « D.A. », sans barrières, et directement pour les auditeurs. La possibilité d’être partout et nulle-part en même temps est très intéressante. Les chansons partent comme des bouteilles à la mer, et c’est une idée qui me plaît bien. Le fait de pouvoir partager sa musique, faire des rencontres, et avoir une autre vision que le système établit…

  4. Pensez-vous qu’à terme, la musique libre remplacera totalement la musique non-libre?

    Jérémy Dewinter: Non. Je pense qu’elle sera complémentaire, mais ne remplacera pas le non-Libre. Les majors seront toujours là, mais peut-être que leur stratégie sera différente. Je pense aussi que les labels indépendants devraient se multiplier, et pourquoi pas la création de labels régionaux plus importants. Malheureusement, l’heure est plutôt à la restriction et à la répression, et la politique actuelle privilégie le monopole, et non le partage des richesses. Il y a des tas des choses à faire en région, des tas d’artistes qui attirent du monde dans les salles. Mais comment les connaître si la Culture du pays se résume à « La Nouvelle Star » ou « Taratata » ? Dans le Nord, une nouvelle télé régionale vient de naître, « WEO », et leur volonté de promouvoir les artistes et la culture régionale annonce de bonnes choses. En espérant que cela prenne de l’ampleur…

  5. Que pensez-vous de la loi Hadopi?

    Jérémy Dewinter: Cette loi est totalement débile et infondée. C’est hallucinant de voir à quel point les gens qui nous gouvernent nous manipulent à coup de « pirates » et « protection des droits d’auteurs », alors qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent. Je pense que c’est une couverture pour mettre en place un système de surveillance légal. Et toujours en culpabilisant les citoyens, et leur donnant des leçons, à l’aide une propagande incroyablement orchestrée. Je trouve ça très très grave.
    Je ne suis pas dans le trip « complot et manipulation, la politique est pourrie »… j’essaie de prendre du recul, et de voir les choses avec un autre oeil. Il est facile aussi d’être contre la loi Hadopi, et je me méfie de ça, car on peut vite tomber dans l’extrême inverse, et faire son « gauchiste offusqué ». Je pense que la répression est toujours mauvaise, et que les solutions créatives sont totalement absentes du débat.

  6. Sur le site, les visiteurs peuvent directement écrire aux artistes: à titre personnel, avez-vous eu beaucoup de retours?, vous ont-ils aidé à vous améliorer? :)

    Jérémy Dewinter: Sur Dogmazic, je n’ai pas eu énormément de retour, mais les quelques commentaires reçus sont toujours agréables à lire. Je reçois parfois des mails d’auditeurs, du monde entier, et ça me surprend à chaque fois. Ces retours ne m’aident pas forcément à m’améliorer, mais me donnent confiance en moi, et me pousse toujours un peu plus.

Toute la rédac’ de Strapontins.org remercie Jérémy Dewinter pour sa disponibilité :) Nous vous encourageons vivement à l’écouter et à le faire connaître à vos proches :) Vous pouvez d’ailleurs le retrouver sur notre Espace Culture dédié aux artistes libres du Nord-Pas-de-Calais / Picardie !!
À très bientôt ;)

Sophie, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Lundi 27 avril 2009

Avantage majeur principal? La liberté!

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés ! Après Damien, Pascal, Thom1, Denis et Bernard, voici Sophie :)

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Sophie: Hm, nul? Peut-être pas à ce point quand même. Presque nul? Bon on va dire pas mauvais, c’est entre nul et bon comme ça :)

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Sophie: Il y a neuf ans j’ai gagné ma première partie de démineur. Mon utilisation principale je ne la dirais pas, sinon j’vais me faire descendre. Ouiii je suis addict’ aux conneries style msn, myspace, facebook… Je suis en train de me sevrer. Je l’utilise plus pour tout ce qui est musique maintenant.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur? Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Sophie: Grâce à Frédéric, et parce qu’il m’a obligé. Bon, ptèt pas obligé, mais c’était limite hein. Pis ben finalement j’aime bien =). Avantage majeur principal, c’est pas un peu répétitif ça? La liiibertééé?

  4. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Sophie: Ouip. Et ouip. Mais le reste de l’équipe est bien aussi hein :p

  5. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Sophie: Oui, trop souvent à leur goût.

  6. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Sophie: Hm… Qu’il marche nickel sur tous les ordinateurs?

  7. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Sophie: J’aime pas mettre des notes sur 10. Après ils vont tous se taper dessus pour récupérer ne serait-ce qu’un demi point. J’dirais en premier Ubuntu, puis XP, et Vista. Mais Vista si on pouvait l’enterrer ça m’arrangerai…

  8. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Sophie: Pour une fois qu’il est rangé :)

    bureau-sophie

  9. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Sophie: Je trouve ça bien. Certains artistes font des choses libres, et ne se plaignent pas de gagner pas assez d’argent, comme certains pourraient penser :p

À demain pour un nouveau portrait ;)

Bernard, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Dimanche 26 avril 2009

J’utilise un ordinateur depuis 10 ans, je fais mes comptes, de la bureautique un peu de photo et de l’Internet.

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés ! Après Damien, Pascal, Thom1 et Denis, voici Bernard :)

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Bernard: Bonjour, compliquée ta question je me considère comme un bon utilisateur mais l’informatique c’est tellement complexe que l’on a toujours à apprendre.

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Bernard: J’utilise un ordinateur depuis 10 ans, je fais mes comptes, de la bureautique un peu de photo et de l’Internet.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur? Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Bernard: J’ai connu Linux grâce à des amis qui m’en ont parlé mais qui ne l’utilisent pas, j’utilise Ubuntu car le système est plus stable, de plus il est gratuit.

  4. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Bernard: Oui sur la distribution Ubuntu sur les réglages et lors de la dernière réunion sur le plantage. L’ambiance de l’association est très bonne, le Président … :p

  5. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Bernard: Je ne fais que ça.

  6. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Bernard: Accélérer le système.

  7. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Bernard:
    - Ubuntu 8/10
    - Fedora 7/10
    - Windows XP 6/10
    - Windows Vista 4/10

  8. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Bernard:

    bureau-bernard

  9. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Bernard: Ce sont des domaines sur lesquels je ne me suis pas encore penché mais ça ne peut être que bien si ça permet aux gens d’avoir accès à la culture gratuitement.

À demain pour un nouveau portrait ;)

Denis, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Samedi 25 avril 2009

Je confirme que l’association est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable.

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés ! Après Damien, Pascal et Thom1, voici Denis :)

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Denis: Connaissances lamentables, au raz des pâquerettes (même plus bas).

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Denis: Depuis 15 ans dont 14 ans de windows par ignorance des autres systèmes et par obligation professionnelle.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur? Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Denis: J’ai pris connaissance de ubuntu par un site d’anciens marins: le proprio du site est un fan de ubuntu et il a su faire partager sa passion.
    J’utilise ubuntu parce qu’il est simple et convivial et que je ne cherche pas d’autres systèmes : par paresse intellectuelle et parce que je suis satisfait de cet OS. L’avantage majeur de cet OS est qu’il est vivant et que je trouve toujours quelqu’un pour me sortir de l’ornière (pour être poli).

  4. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Denis: L’association a toujours été présente dans l’utilisation que je fais de Ubuntu. Je confirme que l’association est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable.

  5. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Denis: Pour sûr mon gars. Mon aîné a migré sous ubuntu il y a 5 mois et il crée un jeu avec un des ses copains . Mon gendre aussi vient de passer sous ubuntu ainsi que 1 collègue du photoclub. D’autres vont suivre (peut-être).

  6. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Denis:
    - qu’il mette la pâtée à windows
    - qu’il écrase windows
    - qu’il devienne la référence mondiale

  7. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Denis:
    - Windows = 0
    - Ubuntu = 20

  8. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Denis: Le voici, c’est sobre mais efficace

    bureau-denis

  9. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Denis: Je n’ai pas encore fouillé de ce coté.

À demain pour un nouveau portrait ;)

Thom1, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Jeudi 23 avril 2009

Depuis que je connais l’association, je me suis intéressé à autre chose que l’aspect technique, à savoir culturel, social, et économique principalement.

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés ! Après Damien et Pascal, voici Thom1 (Thomas) :)

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Thom1: Bonne connaissance sur une administration d’un ordi type desktop ou serveur.

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Thom1: Depuis 1996 par plaisir et pour continuer d’apprendre l’info.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur? Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Thom1: J’ai appris l’existence d’autres OS vers 1999 et je me suis mis à gnu/linux pour de vrai en 2001. L’avantage majeur : la liberté totale.

  4. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Thom1: Depuis que je connais l’association, je me suis intéressé à autre chose que l’aspect technique, à savoir culturel, social, économique principalement. J’ai appris à utiliser des applis web (blog, wiki…). Ceci dit, ce n’est pas par l’association que j’ai appris tout ça mais grâce aux solides connaissances sur le sujet de notre si aimable président, qui m’ont un peu aidé.

  5. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Thom1: Bien sûr.

  6. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Thom1:
    - avoir un p****** de lecteur de flash libre
    - je ne sais pas

  7. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Thom1:
    - slackware : 7
    - archlinux (pour du desktop) : 9
    - debian : 6
    - gentoo : 7
    - ubuntu : 5

  8. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Thom1: oui, je peux.

  9. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Thom1: Je pense que leur existence est logique et représente l’avenir.

À demain pour un nouveau portrait ;)

Pascal, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Mercredi 22 avril 2009

Hadopi va surement me pousser vers Jamendo vu le comportement de certains artistes. Pour la littérature libre, je lis de tout libre ou pas pour le moment pas d’importance

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés ! Après Damien, voici Pascal :)

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Pascal: Beau jeune homme de 34 ans, féru d’informatique. Après avoir eu de bonnes connaissance matérielles, je suis maintenant plus un soutien pour mes connaissances en dépannage.

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Pascal: Mon premier pc date de l’an 2000, juillet pour être précis. Je l’utilise principalement dans le domaine professionnel, la navigation internet et comme media center.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur? Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Pascal: J’ai appris à utiliser autre chose que windows par un ami qui m’a proposé un jour de tester une knoppix sur ma ma machine. Mon ordinateur portable si prêtant bien j’ai commencé à utiliser de nombreuses distributions avant de me fixer sur Debian. Le principal avantage: avoir une machine configurée par mes soins pour mon confort personnel.

  4. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Pascal: L’association est surtout menée par un secrétaire alcoolo..euh oenologue et un type un peu fou qui pense qu’ubuntu est la meilleure distribution du monde.

  5. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Pascal: Oui, je fais du prosélytisme. J’ai installé 10 postes en linux à mon travail et permis la pénétration de open office. Pour mes amis, j’installe des ubuntu mais ça marche pas ils sont pas fous!!!

  6. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Pascal: Aucun, ma machine et mon système me conviennent.

  7. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Pascal:
    - Debian, le meilleur 100%
    - Suse, très beau, impeccable pour du professionnel 80%
    - Knoppix, très utile pour réparer un mbr, enfin quand ça marche 70%
    - Windows XP, un os qui a fait entrer l’informatique dans un autre monde, très stable à sa sortie 65%
    - Ubuntu, utile pour débuter sur du libre 50%
    - Kubuntu, beta 9.04, très bien fait, reste les plantages kde…. 40%
    - pour le reste, pas assez gardé longtemps installé pour m’exprimer

  8. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Pascal:
    bureau-pascal

  9. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Pascal: Hadopi va surement me pousser vers Jamendo vu le comportement de certains artistes. Pour la littérature libre, je lis de tout libre ou pas pour le moment pas d’importance.

À demain pour un nouveau portrait ;)

Damien, membre de l’association Op’Aisne Source et libriste

Mercredi 22 avril 2009

J’utilise du libre pour plusieurs raisons : la gratuité, la stabilité et la réactivité. Mais aussi pour son potentiel de création et d’innovation, accompagné d’une mentalité d’entraide plutôt sympa.

Sur inspiration des « interviews » réalisés par Costalfy et Nizarus, nous vous présentons cette semaine des membres adhérents d’Op’Aisne Source qui racontent leur manière à eux d’être des utilisateurs libres et libérés !

  1. Bonjour, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi? Comment considères-tu tes connaissances en informatique?

    Damien: 28 ans, chaunois, commerçant. Connaissances plutôt bonne je pense, même si l’informatique reste général comme domaine…

  2. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale?

    Damien: Une dizaine d’années, environ. Les utilisations changent au fil du temps qui passe. Usage perso : web, bureautique, multimédia / Côté pro : web, bureautique, conception web, design, infographie.

  3. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur?

    Damien: Sur un t’chat, par un modérateur. Ça doit faire 8/9 ans grosso modo.

  4. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation libre, et quel en est l’avantage majeur principal?

    Damien: J’utilise du libre pour plusieurs raisons : la gratuité, la stabilité et la réactivité. Mais aussi pour son potentiel de création et d’innovation, accompagné d’une mentalité d’entraide plutôt sympa.

  5. L’association Op’Aisne Source t’a-t-elle aidé dans ton utilisation de l’outil informatique libre? Si oui, sur quels logiciels ou distributions précisément? Dirais-tu de l’association qu’elle est un regroupement de joyeux drilles dont le Président est formidable?

    Damien: Ben non, vu que j’utilisais du libre avant de connaître l’association.

  6. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis?

    Damien: Oui, et pas que les amis…

  7. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation actuel, lesquels seraient-ils?

    Damien:
    - meilleur support du chipset wifi broadcom 4311
    - développement de logiciels photo supplémentaires (marre du Gimp)
    - de continuer à faire d’aussi bon OS

  8. Pourrais-tu nous donner ta notation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et / ou distributions qui sont passés entre tes mains?

    Damien:
    - Debian Lenny testing : 9 (parce que je suis fan lol)
    - Debian stable (Sarge et Lenny) : 6 et 8
    - Mandriva : 8
    - Ubuntu/Kubuntu : 7
    - Parsix : 8,5 (pour sa rapidité d’exécution)
    - Linux Mint : 8
    - Slackware : 5 (mais c’était il y a longtemps)
    - Fédora : 4 (uniquement pour sa gestion de mon wifi)
    - Freespire : 3 (pour le design, uniquement…)
    - OpenSuse : 3 (parce que c’est quand même mieux que Vista)
    - Windows Vista : 2 (histoire deux…)
    - Windows XP : 6 (bien et pratique, mais chiant)
    - Zenwalk : 5 (la moyenne, j’ai pas accroché)

  9. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau?

    Damien: Oui, mais faut que je désactive mon logiciel de contre-ruse avant…

  10. Le libre n’a pas que des aspects techniques mais aussi sociaux et culturels: que penses-tu de la musique libre et de la littérature libre?

    Damien: Selon moi, la littérature libre se caractérise principalement par l’envie de partager ses connaissances, pensées et raisonnements avec le plus de monde possible, tout en n’ayant pas la prétention de tout savoir/connaître, puisque l’auteur laisse la possibilité de modifier pour compléter ou corriger, son ouvrage.

    Quant à la musique libre, je vois ça plutôt comme le plaisir de créer avant tout. L’artiste ne crée pas dans le but de commercialiser son oeuvre, mais parce qu’il prend plaisir à créer. Idem pour la partage de son oeuvre : il partage son plaisir de créer.

À demain pour un nouveau portrait ;)

Questions à Amanyth, un artiste musical libre de Picardie

Vendredi 10 avril 2009

Le libre est surtout une alternative pour échapper à une production en grande majorité formatée. C’est en quelque sorte un bon bol d’air à la création musicale. De toute façon, les majors ne prennent quasiment plus de risque, on tourne en rond. L’évolution viendra en partie des indépendants et du libre.

AmanythAmanyth, un artiste libre picard et membre du site Dogmazic.net, nous a accordé une interview.

  1. Pouvez-vous vous présenter, en quelques mots? :)

    Amanyth: Je fais de la musique depuis très jeune, d’abord autodidacte, puis du solfège et du saxo.
    Je suis depuis longtemps fan du groupe Genesis toutes périodes confondues, mais ma musique est plutôt dans un genre Electro/Pop/Rock/Lounge, parfois proche des Massive_Attack, parfois proche du Genesis de 97, parfois proche de Craig Armstrong. J’ai du mal à définir ce que je fais en fait, j’ingurgite ce que j’aime et ça doit probablement ressortir d’une manière ou d’une autre dans la musique que je fais.

  2. Quand et comment avez-vous connu Dogmazic.net?

    Amanyth: Après avoir fait mes premiers arrangements musicaux autour d’acapellas trouvés sur le site www.ccmixter.org (début 2008), je me suis dit que la meilleure façon d’en faire la distribution était internet. Dogmazic, comme Jamendo semblaient être les sites les plus populaires dans le partage de la musique libre, alors voilà… Mon premier album « Let’s dream to each other » est donc sorti fin octobre 2008 sur ces 2 sites.

  3. Qu’est-ce qui vous a donné envie de publier des morceaux sous licences libres?

    Amanyth: A la base, j’ai vraiment été surpris de trouver des voix d’aussi bonne qualité en licence libre. Même si ça peut sembler exagéré, je dois dire que le libre arrive parfois à atteindre la qualité de ce qu’on peut parfois trouver dans la musique « commerciale », voire même la dépasser.
    Par la suite, j’ai été agréablement surpris des divers commentaires et encouragements que j’ai pu avoir, et ça de la part de personnes venant de tous pays. Sans internet, cette reconnaissance aurait tout simplement été impossible, et je me vois mal maintenant faire marche arrière.

  4. Pensez-vous qu’à terme, la musique libre remplacera totalement la musique non-libre?

    Amanyth: Remplacer, je ne pense pas, non. Le libre est surtout une alternative pour échapper à une production en grande majorité formatée. C’est en quelque sorte un bon bol d’air à la création musicale. De toute façon, les majors ne prennent quasiment plus de risque, on tourne en rond. L’évolution viendra en partie des indépendants et du libre.

  5. Que pensez-vous de la loi Hadopi?

    Amanyth: Je dois d’abord dire que les nombreuses phrases que j’ai pu lire de la part de la ministre en charge du dossier m’ont souvent fait beaucoup rire ! On voit là la grande compétence technique de cette personne dans le dossier…
    Je ne parle même pas du rejet à l’assemblée, la cerise sur le gâteau !

    D’une manière plus générale, je suis convaincu que le marché du disque CD, DVD, ou du cinéma, ne sera pas relancé même avec l’application de ce genre de Loi. Les gens ont un budget qu’ils attribuent par priorité jusqu’à la limite des ressources disponibles. Quelqu’un qui télécharge 300 films par mois achètera-t-il 300 DVD par mois ? Bien sûr que non. Quelqu’un qui télécharge Photoshop pour s’amuser sur ses photos de famille achètera-t-il un logiciel qui coûte 300€ ? Encore une fois, non.

    Ceux qu’on fustige là (les jeunes, en majorité) sont les plus gros consommateurs de cinéma et musiques. Seulement, le budget est limité, et quand on a atteint le plafond, on a alors recours au téléchargement sur internet. Lorsqu’on voit certains artistes se plaindre du téléchargement, alors que ces même personnes s’expatrient en Suisse (entre autre) pour ne pas payer d’impôts, ça me fait doucement rigoler. Depuis le temps que les grosses maisons de disque mettent la pression pour qu’on légifère dessus, il semble que ça marche, mais ça reste purement idéologique, et l’avenir nous dira (s’ils arrivent à la faire voter ! lol) si cette loi aura permis de relancer l’industrie CD/DVD.

    Techniquement, je suis tout de même assez curieux de voir la mise en application, ça risque d’être assez drôle de voir ces nombreuses suspensions internet, pour des gens qui parfois n’ont rien à se reprocher mais qui se seront fait pirater leur connexion Wifi. C’est tout de même une remise en question du principe en droit qui est que l’on est innocent jusqu’à preuve du contraire.

    Il me vient également autre chose, combien d’artistes ai-je découvert en ayant auparavant téléchargé un de leurs albums ? Plein ! Aurais-je récemment acheté les derniers Archive, ou Ghinzu, si je n’avais pas auparavant téléchargé « illégalement » leur musique ? Je suis sûr que non. Quand on aime, on achète, on veut le CD original, on va aux concerts, on va au cinéma, etc. Le problème est qu’on aimerait bien continuer à nous vendre de la merde, sans même que l’on puisse y gouter.

  6. Sur le site, les visiteurs peuvent directement écrire aux artistes: à titre personnel, avez-vous eu beaucoup de retours?, vous ont-ils aidé à vous améliorer? :)

    Amanyth: J’ai eu pas mal de retours positifs, et c’est très flatteur. Ça motive beaucoup pour persévérer dans le domaine. Je réponds à chaque mail que je reçois, pour au minimum remercier. Je ne sais pas s’ils aident à l’amélioration, c’est surtout une grande source de motivation. Par contre, après mon premier album de remix, je n’ai pas envie de refaire la même chose point par point, je voudrais essayer de surprendre un peu, d’évoluer. On verra ce qui sortira de mon inspiration du moment.

Toute la rédac’ de Strapontins.org remercie Amanyth pour sa disponibilité :) Nous vous encourageons vivement à l’écouter et à le faire connaître à vos proches :)
À très bientôt ;)

Questions à des auteurs libres

Mardi 10 mars 2009

Il y a surtout l’émulation entre auteurs quand nous créons des recueils (et des textes spéciaux dans ces cas là) nous avons un « groupe des Auteurs Du Libre » qui contient le dernier recueil publié en ligne dont j’ai été l’instigatrice.

Auteurs libresFrédéric Marcou et Ati, deux auteurs libres picards membres du site In Libro Veritas, nous ont accordé une interview.

  1. Pouvez-vous vous présenter, en quelques mots?

    Frédéric Marcou: Je m’appelle Frédéric Marcou, j’ai 35 ans

    Ati: Mon père m’a mis un coup de pied aux fesses quand j’avais 14 ans, malgré de bonnes notes en classes, il fallait travailler. Maintenant, en retraite j’ai un peu de temps pour les loisirs…. Moi qui n’avais pas le droit de prendre un livre en étant enfant, il fallait aider maman, la famille était grande !
    Je peux enfin assouvir ma soif de lire et essayer d’écrire.

  2. Quand et comment avez-vous connu InLibroVeritas?

    Frédéric Marcou: Je suis venu à ILV en 2005 dans les débuts, je l’ai connu en cherchant sur le net et ça m’a parlé tout de suite.

    Ati: Par un membre de ma famille (de la Sarthe, déjà publié là bas !) qui est aussi sur le site http://www.inlibroveritas.net/auteur1646.html

  3. Qu’est-ce qui vous a donné envie de publier sur ce site?

    Frédéric Marcou: la grande liberté dont on pouvait attendre d’un éditeur et aussi un cadre très important quand on est auteur

    Ati: J’avais besoin de communiquer et Robert m’a montré l’exemple et aidé dans mes débuts. Il y a une entraide entre certains auteurs

    Là, j’aide un français expatrié en Thaïlande à faire un recueil de ses textes.

  4. Quels sujets vous inspirent le plus dans vos oeuvres?

    Frédéric Marcou: Je n’ai pas de sujet de prédilection, j’aime autant la poésie que la Science fiction, j’essaie d’être éclectique dans mes oeuvres.

    Ati: Différents, cela vient tout seul, d’un rêve, d’une phrase entendue, de fais divers… de la famille, des voisins, tout ou presque. Mais, souvent un brin d’imagination qui complète.
    Mais il y a surtout l’émulation entre auteurs quand nous créons des recueils (et des textes spéciaux dans ces cas là) nous avons un groupe des Auteurs Du Libre qui contient le dernier recueil publié en ligne dont j’ai été l’instigatrice. S’il y a vente, le bénéfice est réparti à chacun. Mais il ne faut pas rêver, cela ne va pas loin du tout !
    Nous avons un forum à part en plus d’ILV pour ceux qui veulent en faire plus, ensemble. Une sorte de confrérie.

  5. Pensez-vous que de telles maisons d’édition peuvent naître partout en France, et à terme, devenir plus importantes que les maisons d’édition classiques?

    Frédéric Marcou: Non, je pense qu’ILV est unique en son genre, mais d’autres peuvent s’en inspirer et s’en inspirent déjà.

    Ati: Pas évident, ce n’est absolument pas sur le même registre. Bien sûr, sur ILV, il est possible d’acheter des livres tout faits et aussi des livres à la carte en composant celui que l’on veut à partir de titres (dont l’auteur accepte la vente papier), livre unique !!

    Le libre ne veut pas dire (bénéfices) il y en a pas tant que ça !
    C’est surtout une façon de vivre la littérature.

    Un site de publication de Web Book essaie de nous « soutirer » des textes libres pour les vendre à la lecture sur son site…. il y a plusieurs sujets dans le forum là dessus !!!

    Le libre a plusieurs niveaux et heureusement, nous pouvons laisser lire les lecteurs sans rien leur demander en interdisant la vente de nos textes ailleurs que sur ILV. Le libre est normalement plus étendu mais à chaque auteur de choisir sa licence (totalement libre et modifiable ou pas) un peu comme les licences de logiciels libres.

    Alors d’autres maisons d’édition de même genre ?
    Ne dit-on pas que l’unité fait la force? Surtout contre les Google et Web Books ….

  6. Sur le site d’InLibroVeritas, les lecteurs peuvent directement écrire aux auteurs, à titre personnel, avez-vous eu des retours de vos lecteurs, vous ont-ils aidé à vous améliorer?

    Frédéric Marcou: Oui, des retours fantastiques sur mon premier livre .Heureusement pour moi quelques corrections orthographiques nécessaires.

    Ati: Oh oui, des tas !!!

    Et l’on se fait même des amis à l’autre bout du monde !!!
    Mais il y a aussi des troubles fêtes, des trolleurs… pas facile tous les jours. Il suffit de trainer dans le forum.

    Et surtout, j’ai eu de l’aide au début, sympa !!
    Par contre certains auteurs ne veulent pas recevoir de proposition de correction (fautes de frappe ou autres) alors que les débutants apprécient les remarques et conseils….

    Il faut de tout pour faire un monde et dans la littérature aussi !

Toute la rédac’ de Strapontins.org remercie Frédéric et Ati pour leur disponibilité :) Nous vous encourageons vivement à vous informer sur InLibroVeritas :)
À très bientôt ;)

Questions à Jean Peyratout

Lundi 3 novembre 2008

Plus que tel ou tel projet, c’est ce foisonnement qui est l’aspect le plus novateur du Libre selon moi, avec la récente montée en puissance de la participation d’acteurs qui ne sont pas de formation technique : testeurs, traducteurs, illustrateurs, vulgarisateurs…

Jean Peyratout, instituteur et président de l’association Scideralle, nous a accordé une interview.

  1. Tu es membre depuis 1998 de l’AFUL : comment as-tu découvert le Libre et qu’est-ce qui t’a poussé à t’impliquer directement dans le monde libriste ?

    Jean Peyratout: À mon retour en France après plusieurs années passées en montagne marocaine, j’ai repris en 1997 mon ancien métier d’instituteur. J’utilisais déjà l’outil informatique, notamment de gestion, à titre personnel et professionnel, et naturellement je m’y suis intéressé dans le contexte de l’enseignement en m’interrogeant non seulement sur l’équipement de ma classe puis de mon école mais aussi rapidement sur les possibilités d’une diffusion plus large.
    Fin 1996 j’avais récupéré une Red Hat 4.0 puis en 1997 la Debian GNU/Linux 1.3 - la première distribution Debian sur cédérom officiel ! On ne peut pas dire que j’aie été à l’époque convaincu de la possibilité pour un utilisateur ordinaire, francophone et non ingénieur, d’installer ces distributions et de les utiliser au quotidien… C’est la création de Mandrake par Gaël Duval en juillet 1998 qui a changé la donne en proposant une distribution réellement accessible à tous.
    À la rentrée des classes 1998, à l’échelle d’une école de la banlieue bordelaise tout d’abord, nous avons lancé le projet qui allait devenir AbulÉdu et s’est concrétisé grâce à la rencontre décisive avec Éric Seigne, qui est aujourd’hui encore le développeur principal et le chef de projet d’AbulÉdu. La signature de l’accord-cadre par l’AFUL m’a montré que d’autres s’intéressaient aux aspects institutionnels au sein du ministère de l’Éducation nationale et j’ai aussitôt adhéré à l’AFUL. Nous fêtons donc cette année (P…, dix ans déjà !) le dixième anniversaire de l’AFUL, celui d’AbulÉdu et celui de l’accord-cadre - et pour ma part celui de mon implication associative dans le Libre.
    En 1999 nous avons créé l’ABUL, premier GULL d’Aquitaine, et ce projet pour les écoles qui lui était antérieur y est tout naturellement venu s’insérer, d’où le nom AbulÉdu. C’est aussi avec l’ABUL que débutait à Bordeaux en 2000 la belle aventure des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre pour lesquelles je coordonne, avec d’autres, le thème « Éducation populaire » et dont la 10e édition se tiendra à Nantes du 7 au 11 juillet 2009.
    Puis, en 2002, nous avons créé l’association Scideralle pour soutenir les projets de ressources et de logiciels libres d’intérêt éducatif, avec l’objectif de réunir sur ce sujet les bonnes volontés des fondateurs: l’AFUL, l’April, l’ABUL et de nombreux volontaires dont l’équipe AbulÉdu qui s’était déjà beaucoup étoffée. Scideralle est résolument orientée « Éducation populaire » et regroupe des acteurs très variés: associations du Libre, organismes de formation, groupements de parents d’élèves, municipalité, associations d’éducation populaire… et bien sûr de nombreux acteurs de terrain.

  2. Acteur dans les projets AbulÉdu et Scideralle comment juges-tu la place du logiciel libre dans les écoles ?

    Jean Peyratout: Une remarque préalable : AbulÉdu est un projet, Scideralle est une association, une personne morale qui soutient bien sûr le projet AbulÉdu mais aussi d’autres projets, logiciels et ressources libres d’intérêt éducatif comme les logiciels du Terrier, le site Libre.Pédagosite, Gcompris, Majilux, SkoleLinux, Framasoft et Framabook, l’École ouverte francophone, Sésamath, etc.
    La question de la licence, du caractère juridique des logiciels disponibles n’est pas très pertinente. C’est plutôt la place faite dans les activités d’apprentissage à l’utilisation des ordinateurs et des réseaux qui fait question. Autrement dit, nous sommes plus préoccupés du peu de place réelle faite aux usages des TIC - y compris dans des écoles censées être équipées - que du choix d’outils et de ressources libres qui, j’en suis persuadé, finissent de toutes façons par s’imposer.
    Les raisons de cette sous-utilisation constatée sont multiples, elles ont fait l’objet de nombreux et fort intéressants rapports et sont notamment liées pour partie à la formation initiale et continue, à l’équipement, aux coûts… Mais il me semble que plus fondamentalement l’utilisation des réseaux souffre des mêmes maux que l’enseignement des sciences par ex., à savoir une réticence des enseignants devant une situation où la bonne option serait simplement de s’autoriser à dire aux élèves : « Je ne sais pas moi non plus, cherchons et apprenons ensemble. »
    Autant dire que l’équipement est loin d’être la seule clé d’entrée, même si d’évidence il joue un rôle notamment quand on explore la proposition de travaux à réaliser collectivement et rendre sous forme numérique…

  3. Beaucoup de mairies n’ont pas de personnel qualifié pour assurer un support de GNU/Linux dans les écoles, et la propagation du Libre ne doit bien souvent son succès qu’à une poignée d’irréductibles enseignants qui assurent seuls le support, quelles solutions y apporter ?

    Jean Peyratout:Tout d’abord, le travail des enseignants est d’enseigner, pas de faire de la plomberie, de la peinture ou de la maintenance informatique. Chacun son métier. Viendrait-il à l’idée de faire appel aux enseignants et aux parents d’élèves et amis de l’école pour refaire l’électricité ou réparer la chaudière ? Non, bien sûr. Il existe de nombreuses sociétés de prestation de service en logiciel libre qui sont là pour assurer cette tâche. Dans le cas d’une solution client-serveur comme un réseau AbulÉdu, ce support est d’ailleurs pour l’essentiel fait à distance ce qui rend son coût forfaitaire tout à fait à la portée même d’une petite commune.
    Un serveur, c’est comme la chaudière du chauffage central de l’école, il vaut bien mieux faire appel à un prestataire extérieur, local si possible, et les enseignants n’ont pas à devoir y toucher. Cette situation présente de nombreux avantages, en particulier pour le maire, responsable, qui se trouve protégé contractuellement en ce qui concerne les problèmes de filtrage de sites indésirables ou d’utilisation illicite du réseau dont la responsabilité est transmise au prestataire. Et l’avantage n° 1 est que ça fonctionne toujours et tout le temps !
    La tâche incombant au personnel municipal concerne donc les postes clients et les périphériques, et si cela demande du travail cela ne nécessite pas une qualification de haut niveau.
    La poignée d’irréductibles que tu évoques, je la connais bien, j’en ai fait partie un temps et j’en croise très souvent des spécimens sur le terrain ou via une liste de diffusion, un site ou un forum. je salue ces initiatives pour l’investissement personnel qu’elles supposent mais le problème est que le plus souvent elles s’avèrent contre-productives à moyen terme.
    Abordant le plus souvent le problème sous son angle seulement technique, elles masquent les réalités institutionnelles et aboutissent à des échecs dès que disparaissent les enseignants, élus ou parents qui sont le moteur du projet : changement d’équipe municipale, mutation, lassitude, passage au collège du petit dernier du parent d’élève qui tenait tout ça à bout de bras… C’est du vécu.
    Le résultat est hélas qu’un déploiement d’énergie inouï et plusieurs années de travail bénévole aboutissent à la preuve que : « Le Libre, ça ne marche pas… », soit que des problèmes techniques se posent effectivement sur une solution bricolée en local, soit que ce soit opérationnel mais que les enseignants ne l’utilisent pas.

  4. Que doit faire un enseignant voulant passer au Libre, que peut-il dire pour convaincre ses supérieurs ?

    Jean Peyratout: La situation est très variée selon le contexte : école primaire publique ou privée, secondaire ont des modes de fonctionnement très différenciés, et en particulier « le supérieur » n’est pas le même. Ainsi, dans le cas d’une école publique, la responsabilité de l’équipement de l’école est de la compétence de la commune ou de l’intercommunalité, et donc in fine sur un élu - qui n’est en rien le supérieur des professeurs d’école.
    Mais la réponse est simple : « Just do it ! », passez donc à l’acte. La meilleure façon de convaincre, c’est de l’utiliser sans attendre et sans prosélytisme : le Libre n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un moyen de faire son métier. Il existe de nombreux outils permettant cela, notamment sur clé USB ou cédérom autonome comme Freeduc, Artouste, Kaella, Framakey… ou AbulÉduLive que l’on peut distribuer pour un coût dérisoire.

  5. Beaucoup d’enseignants novices vous contactent pour demander de l’aide ?

    Jean Peyratout: Oui, nous rencontrons beaucoup d’enseignants et éducateurs lors des manifestations auxquelles nous participons dans des bibliothèques, des écoles, des collèges, des associations… Plusieurs centaines de personnes sont abonnées aux listes de diffusion d’échange et vulgarisation comme initiation@abul.org ou utilisations@abuledu.org. Novices ou non : qui n’est pas novice ?

  6. Quelle distribution utilises-tu personnellement ?

    Jean Peyratout: J’en utilise plusieurs : AbulÉdu avec l’interface XFCE, Ubuntu avec l’interface Gnome sur mon portable et Mandriva avec l’interface KDE sur notre PC domestique. J’ai fait le choix de versions « standard » non modifiées et j’en utilise plusieurs pour pouvoir aider d’autres utilisateurs, ce que ne serais pas en mesure de faire si j’utilisais une version de geek « tunée ».

  7. Quel est le projet libre le plus ambitieux et novateur selon toi (hormis GNU/Linux :p ) ?

    Jean Peyratout: Il y en a tant ! Plus que tel ou tel projet, c’est ce foisonnement qui est l’aspect le plus novateur du Libre selon moi, avec la récente montée en puissance de la participation d’acteurs qui ne sont pas de formation technique : testeurs, traducteurs, illustrateurs, vulgarisateurs… Leur contribution est complémentaire de celle des développeurs avec lesquels ils travaillent sur un rang d’égalité dans les projets auxquels je participe. Et ça, c’est vraiment nouveau et intéressant.

Toute la rédac’ de Strapontins.org remercie Jean pour sa disponibilité :) Nous vous encourageons à cliquer sur tous les petits liens dans l’article et découvrir notamment l’association Scideralle :)
À très bientôt ;)